mercredi 13 juillet 2022

Burkimbila et fier, ma patrie ou la mort

      

Photo à titre illustratif

  
    L’actualité mondiale est de nos jours dominée par la situation sécuritaire que traverse les pays touchés par le phénomène du terrorisme. Il est difficile de nos jours de définir exactement ce que le terme désigne, mais en nous référant au dictionnaire Le Robert est qualifié de terrorisme tout acte employant la terreur à des fins idéologique, politique ou religieuse. Loin de faire une genèse de l’histoire du terrorisme, il est évident que les groupuscules terroristes qui sévissent de nos jours se rattachent aux deux grandes filiales terroristes que sont Al Qaïda au Maghreb islamique-AQMI (1988) et l’organisation ultraradicale Etat islamique (EI) encore appelé Daech (1999). Ces deux groupes d’obédience religieuse prônaient le salafisme qui peut se définir comme un mouvement de restauration de la pureté de l’islam originel, c’est-à-dire l’islam tel qu’il aurait été pratiqué à l’époque des califes, puis des dynasties. 

   L’évolution du phénomène dans l’espace Ouest africain dénote l’idéologie de leur instigateurs dans le sens où les groupes qui y opèrent usent parfois de voies pas très « religieuses » pour parvenir à leur fin. Au Burkina Faso, selon les dires du commandant François ZOUNGRANA (lors d'une sortie d'immersion), il existe deux grands groupes et une douzaine de sous-groupes terroristes qui sévissent sur le territoire. A interpréter la forme des différentes attaques, nous sommes tentés de croire qu'il s'agit du banditisme à grande échelle plus tôt que du terrorisme. La plupart des attaques sont attribués à des individus armés non identifiés. Parmi les auteurs des attaques, on dénombre des Burkinabè, des frères qui prennent les armes contre leurs propres frères. A quoi cela est-il dû et quelles actions menées pour freiner l’enrôlement de ces jeunes par les groupes ces terroristes ? 

Selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP), plus de 400 personnes ont été tuées au Burkina Faso entre 2015 et mai 2019. Et Human Rights Watch ajoute qu’au moins 256 civils ont été assassiné par les djihadistes entre avril 2019 et janvier 2020. Ces chiffres sont alarmants vu le nombre pléthorique de déplacés internes que le pays enregistre de jours en jours. Ces derniers n'ont pour seul espoir que la paix revienne afin qu'ils puissent repartir dans leurs villages et mener leur vie d'antan.  Des frères sang s’entretuent, dévastent des villages entiers, pillent du cheptel et sonne les populations de quitter les lieux. Ces jeunes se sont radicalisés et la plupart des causes est rattaché à la pauvreté mais aussi aux défaillances du système étatique face à son incapacité d’employer un grand nombre. Il faut combattre ce fléau à la racine et pour se faire, il convient dans un premier temps de mettre en place des politiques nationales et communautaires pragmatiques pour améliorer les conditions socio-économiques des jeunes. Il s’agit d’investir dans l’éducation et de faire de ce secteur la priorité des priorités. Dans le cadre du Burkina Faso, force est de reconnaître que ce secteur n'est pas une préoccupation pour les gouvernants qui privilégient l'économie. Pour se faire, il faut adapter les formations reçues et les offres du marché de travail car il ne sert à rien de se former dans un domaine dont les débouchées sont incertaines. Il s'agira là de faire un grand pas vers l'employabilité des jeunes qui diminuera considérablement le chômage. Les jeunes ont aussi leur part à jouer dans le processus de leur autonomisation.

En deuxième lieu, il appartient aux jeunes de prendre en main leur destin pour une amélioration de leur condition de vie. Nous savons que les demandes sont supérieures aux offres en matière d’emploi au Burkina Faso, de ce fait, pour pallier ce phénomène il incombe aux jeunes de se tourner vers des secteurs porteurs comme l’entreprenariat. C’est un domaine où les jeunes rencontrent beaucoup d’obstacles tels que le manque de financement et l’appui institutionnel. Cependant, il faut ajouter que les échecs sont souvent dûs à un manque de confiance en soi et une motivation profonde. Nous avons plein d’exemples de jeunes ayant réussi dans le domaine en partant de rien, mais la seule différence est qu’ils se sont donnés corps et âmes pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés. Ces démarches éviteront a beaucoup de jeunes qui seront tenter par l’appât du gain facile dont l’issue est la radicalisation à travers la prise d’armes à des fins de tueries. 

    Dans la lutte contre le terrorisme, toutes les composantes sociales ont leur rôle à jouer. Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) font acte commun dans ce sens. il faut une conjugaison des énergies pour arriver à bout de ce fléau et cela ne saurait se faire sans la jeunesse, socle de développement de tout pays pour un maintient de la paix. J'ose espérer que ces écrits trouveront des échos favorable et contribueront à l'éveil des consciences.