samedi 24 août 2024

LE MIMÉTISME RELIGIEUX A LA CROISÉE DES CHEMINS (2)


 


« Bien avant les religions dites révélées que sont le christianisme et l’islam, l’humanité a connu et pratiqué des religions (…) Au nombre des pratiques religieuses ignorées ou méconnues, se trouvent les croyances religieuses préhistoriques, les anciennes religions notamment celles de l’Antiquité, les religions d’Afrique noire, etc. Ces religions sans doute moins élaborées et non diffusées ou insuffisamment diffusées, n’ont pas revêtues le caractère des religions universelles. Elles sont restées propres à un temps, à un espace ou à un peuple »

  Jean-Célestin KY, Cours sur « croyances et systèmes religieux traditionnels en Afrique », Université Joseph KI-ZERBO, p. 5


A travers cette affirmation du Professeur titulaire en Histoire de l’art de l’Université Joseph KI-ZERBO, nous arrivons à la conclusion selon laquelle la religion est une pratique qui date de la préhistoire. C’est à partir de cette période que les Hommes ont pris conscience de l’existence de forces surnaturelles, invisibles ou visibles, plus puissantes qu’eux. Ils rechercheront donc les moyens de cohabitation profitables avec elles.

 Les religions traditionnelles africaines qui comprennent un ensemble de cultes, sont les formes anciennes de croyances religieuses de l’homme depuis les périodes les plus reculées de son histoire. Ces religions placent avant tout un Dieu des origines. Dans leur environnement immédiat, les Hommes détectent l’existence de génies, d’esprits qui ne leur sont pas toujours favorables. Dieu, dans son essence étant jugé inconnaissable, sans mode d’incarnation matérielle, conduira les Hommes à la constitution d’un panthéon (ensembles) de divinités ayant attrait à l’environnement (l’eau, le vent, la végétation, les arbres, etc.) qui détermineront les autels et actes religieux africains. Ainsi l’acte sacrificiel est le moyen de communication le plus courant pour s’accorder les faveurs ou réparer une faute commise auprès de l’Etre transcendant. Les victimes habituelles selon la prédilection des devins sont entre autres, les bœufs, les moutons, les chèvres, les poules, etc. Ne retrouve-t-on pas des formes communes au sein des religions dites révélées à travers l’immolation du bélier lors de la fête de Tabaski ou encore le corps et le sang du christ qui se partage pendant les cultes du dimanche au sein de l’Eglise romaine ? L’ensemble de ces rites et cultes visent à cet effet un seul et même objectif, s’accorder les grâces de l’Etre transcendant, autrement dit Dieu.

Nous en arrivons à la conclusion que les religions dites révélées ont beaucoup emprunté aux religions traditionnelles africaines préhistoriques du fait de leur antériorité. La seule différence repose dans le fait que celles-ci sont mieux élaborées, ordonnées et sont universelles car elles se sont diffusées à la surface de la Terre. Doit-on continuer à étiqueter les religions traditionnelles africaines de diaboliques au point de les combattre ?

Cet article est une opinion personnelle inspirée de mes lectures et aussi de ma formation universitaire que j’ai tenu à partager avec vous. Mes propos pourraient directement ou indirectement heurter la sensibilité de la communauté des fervents croyants. Je vous demande à vous cher (es) lecteurs (rices) de prendre avec esprit critique ces écrits et de contribuer à animer le débat religieux sans fanatisme aucun.

vendredi 24 mai 2024

LE MIMÉTISME RELIGIEUX A LA CROISÉE DES CHEMINS(1)

Dieu est unique peu importe la religion


 l'Afrique fut pendant longtemps un continent qui attira la convoitise des puissances coloniales. Pour des raisons diverses, ils y sont arrivés à installer leur hégémonie et à contrôler les richesses du continent. Si aujourd'hui nous devons faire le bilan, ce continent à beaucoup plus hérité de la religion. Ce héritage fit de l'Africain un homme beaucoup plus religieux que politique, social ou encore culturelle. Pourquoi donc?

Les religions dites relevées (encore appelées religions du livre), le christianisme en particulier dans son expansion a réussi à faire croire aux Africains qu'ils vivaient dans les <<ténèbres>>(pratiques religieuses qualifiées de barbarie et l'anthropophagie) et la seule et unique manière de revenir à la <<lumière>> (la civilisation qui est l'apanage de l'homme blanc) était possible à travers le baptême, qui marque l'entrée du néophyte dans la vie de L' Église. Ils sont arrivés avec brio à amener les Africains eux-mêmes à diaboliser leurs propres croyances religieuses (polythéisme). La preuve est qu'aujourd'hui, peu importe le domaine où l'on se trouve un débat religieux entre Africains finit toujours en queue de poisson, car chacun défendra sa religion dont il professe sa foi. Alors pourquoi c'est ainsi?

Le Président de la transition du Burkinabè ((Ibrahim TRAORE) à récemment décrété le 15 mai comme la journée des coutumes et traditions au Burkina Faso. Lors des préparatifs de cette dite journée, beaucoup de voix se sont élevées contre cette journée car,pour de nombreuses personnes, il est inadmissible de voir l'animisme (comme ils l'appellent) comme une religion au même titre que les autres. Selon ma lecture de cette journée, il s'agissait de donner une place aux pratiques coutumières qui étaient propres à l'Afrique précoloniale et que ses adeptes se comptent par milliers de nos jours. Il n'était aucunement question de remettre en cause les pratiques des religions du Livre, car quoi qu'on dise l'Africain y est profondément encré. Refuser de reconnaître l'animisme augure un mauvais présage pour le vivre ensemble. Au Burkina Faso cohabitent plus d'une soixantaine d'ethnies dont les organisations diffèrent de même que les pratiques culturelles et cultuelles. 

Selon vous cher lecteur/trice comment pouvons-nous parvenir à une tolérance dans les pratiques religieuses en Afrique?

L'objectif rechercher à travers mes écrits est d'amener les uns et les autres à tolérer les pratiques religieuses diverses, car il s'agit du même objectif à atteindre, notamment Dieu. J'ose croire que chaque lecteur/trice de ce présent article prendra avec discernement mes propos sans fanatisme aucun.


Dieu bénisse le Burkina Faso et l'Afrique toute entière