samedi 8 août 2020

Fin de la course pour le COVID-19

  

A l’aube de la nouvelle année 2020, le monde est confronté à une pandémie qui perdure et entache fortement le décollage économique et surtout le volet social. Loin d’être la première de l’histoire de l’humanité, la pandémie du coronavirus couramment appelé « COVID-19 », apparu pour la première fois à Wuhan (Chine) a réussi à faire le tour des continents en laissant derrière elle un véritable problème sanitaire. On désigne par le terme « COVID-19 » la maladie infectieuse causée par le dernier coronavirus qui a été découvert. Se manifestant à travers des symptômes identifiables, elle a fait déjà et continue de faire des milliers de victimes dans le monde entier. Face à ce fléau, les gouvernements des différentes Nations touchées ont procédé par une mise en place d’une batterie de mesures afin de stopper la propagation du virus. Ce sont entre autre le port obligatoire du masque de protection (couramment appelé cache-nez), le respect de la distance entre individus ( au moins un mètre), la mise en quarantaine des villes touchées et le cas extrême, le confinement général. Ces différentes mesures ont varié en fonction des États et également en fonction de la propagation, qu’elle soit rapide ou modérée.

    Dès les premiers cas confirmés, le Burkina Faso, à l’instar des autres États n’a manqué d’actions d’endiguement. Il allait de soi pour le « pays des Hommes intègres » de limiter les foyers de contamination. Cependant, le hic était comment arrivée à contenir la propagation du virus dans un pays ou plus d’une soixantaine d’ethnies aux us et coutumes différentes cohabitent ? Il appartient  pour cela d’impliquer tous les acteurs des différentes couches sociales pour l’entreprise d’actions salvatrices. Ces actions ne sauraient augurer une prise en compte sérieuse de la présence réelle de la maladie et les jeunes doivent donc être les premiers relais de l’information au sein de leurs communautés respectives.

    C’est ainsi qu’étant jeune et soucieux du bien-être sociale avec d’autres jeunes, nous avions apporté notre modeste contribution au combat contre « l’ennemi invisible ». Considéré par la couche jeune comme une maladie des personnes bien « aisées », il sied pour nous de lever le mythe autour de la maladie a coronavirus. C’est ainsi que déjà dans ma communauté de résidence, j’ai mené des actions de sensibilisation sur ce que je savais de la maladie et ainsi comment adopter les gestes pour se protéger.

    A l’échelle collectif et associatif, les alumni du programme ICS avaient auparavant initié une collecte de vêtements au profit des couches vulnérables, notamment les personnes déplacées internes (PDIs), victimes des actes des forces extrémistes. L’occasion était belle pour nous de leur témoigner notre solidarité, mais il fallait-il encore s’adapter au contexte du moment. C’est ainsi que par le biais du partenariat, l’association de jeunes ‘African Youth Initiative for Development (AYID) » a bien voulu apporter sa contribution à la collecte, notamment en mettant à disposition plus de 700 masques de protection.

    C’est dans une ambiance euphorique que alumni de ICS et des membres de AYID se sont rendus sur le site des déplacés internes pour ladite activité. Les moments importants de cette acte de solidarité ont été la séance de sensibilisation sur la maladie a coronavirus et les gestes à adopter pour éviter de contracter la maladie, ensuite est intervenu le don symbolique des vêtements collectés, puis enfin la distribution des masques de protection sur place et également dans les ménages des dits déplacés qui n’ont pas pu être présents pour la sensibilisation. 

    Notre modeste contribution à travers ces gestes n’a pour prétention aucune de faire de nous des héros de la lutte contre la maladie a coronavirus, mais, le geste vise à réaffirmer notre engagement social au profit des couches vulnérables, et partant de là le respect des droits de l’homme et des peuples. C’est également l’occasion pour nous de lancer une invitation à ceux et celles qui sont toujours sceptique quant à l’idée d’accompagner les initiatives des jeunes, notamment les activités de bénévolat. C’est le moment pour vous de laisser parler vos cœurs car non seulement la collecte continue sous forme de grande chaîne de solidarité nationale et vise cette fois-ci un autre site de déplacés interne, mais également, c’est une opportunité pour vous de vous investir dans le social. Merci à ceux et à celles qui se dévouent corps et âmes pour le bien-être des PDIs et tâchons de toujours garder haut le flambeau des actions humanitaires malgré les défis qui se posent a nous. Nous interpellons également le gouvernement afin qu'il  puisse reconnaitre à sa juste valeur l'œuvre des bénévoles en leur délivrant ne serai-ce que des attestations de reconnaissance pour leurs contributions multiples et multiforme à l'œuvre social.
Sensibilisation sur le covid-19





Instant distribution de masques




Remise symbolique de vêtements

Don symbolique de masques

Stop covid-19

Photo avec les bénéficiaires

Attestation de reconnaissance




vendredi 3 avril 2020

Apprendre, connaître, transmettre pour éduquer


    Selon le Petit Larousse illustré de 2005, ''l’enseignement est l’action, la manière de transmettre des connaissances''. De tous les métiers nobles qui existent sur la planète, l’enseignement se positionne comme un métier central car étant au début et à la fin de toute chose. C’est-à-dire que pour enseigner, il faut de la connaissance, et pour connaitre, il faut apprendre et se cultiver. Loin d’être une simple transmission de connaissances, elle est aussi la transmission de certaines qualités humaines. Comme tel, il est possible d’affirmer avec certitude que ‘’l’enseignement est un art’’. L’enseignement est le sujet central de cet article et va porter sur l’ouvrage monumental de James BANNER et Harold CANNON intitulé L’art d’enseigner publier en 2003 aux éditions Nouveaux-Horizons.

   « Il ne sert à rien de maitriser son cours ou de perfectionner ses techniques pédagogiques lorsqu’on n’a pas compris que pour faire bénéficier à nos élèves notre maitrise, il faut faire appel à des qualités personnelles qui sont sans relation avec la matière enseignée ou les théories pédagogiques ». Cette citation laisse déjà apercevoir que la maitrise du cours et des techniques pédagogiques de transmission du savoir ne suffisent guère pour mettre en exergue les talents de l’enseignant. Cette compensation est possible à travers la lecture et la culture personnelle. Les auteurs ont affirmé que « Apprendre suppose certes un effort considérable, mais enseigner suppose un effort plus considérable encore, car cela oblige à assumer davantage de responsabilités morales et humaines ». Pour ce faire, les deux auteurs ont élaboré dans leur ouvrage un guide en neuf (09) points sur les attitudes et rudiments dont l’enseignement devrait incarner afin de forger non pas seulement des apprenants, mais de véritables ‘’soldats intellectuels’’. Dans les lignes qui vont suivre, je vous partagerai ma compréhension de ce guide.

    Pour enseigner, il faut tout d’abord le SAVOIR. Le savoir c’est avoir ‘’l’esprit orné’’ et rempli de choses utiles. Ce savoir n’est pas statique, il faut le renouveler ou en faire une mise à jour. Dans le métier de l’enseignement, distinction doit être faite entre connaissance et information car disent-ils « l’information est au savoir ce que le son est à la musique ». Autrement dit, l’information est un des moteurs du savoir et c’est par elle que se crée le savoir ou la connaissance. Comment s’acquiert le savoir ? Elle s’acquiert sans hésitation financière, mais avec passion accompagner d’actes privés, individuels où parfois collectives. Pour enseigner, il faut maitriser son sujet, pour maitriser son sujet il faut apprendre beaucoup pour être non seulement celui qui délivre l’instruction, mais aussi celui qui conduit une réflexion. Et cet apprentissage se fait à travers la lecture de livres pour ainsi aller au-delà des connaissances immédiates. Chaque enseignant est un missionnaire de son domaine de prédilection, il doit cependant être capable de motiver les apprenants à poursuivre ce pour quoi il est dévoué, et se montrer ouvert aux connaissances des autres, notamment des apprenants. L’enseignant découvrira à travers ces connaissances spontanées, d’autres manières de penser, et dès lors, il franchira une autre étape de son professionnalisme. Il s’apercevra que le savoir est une fin en soi et la pensée, un monde illimité.

    Pour enseigner, il faut de l’AUTORITE. Cette autorité ne saurait s’assimiler au pouvoir. Elle peut être définit comme ‘’l’influence légitime qu’une personne exerce sur les autres’’. D’une part, cette autorité comporte une composante morale dans le sens où les rapports entre enseignants et apprenants sont liés à la justice, à l’empathie et à la vérité. Juridiquement, cette autorité découle du caractère officiel de leur emploi(enseignants). D’autre part, cette autorité n’a aucune connotation coercitive. L’autorité crée un climat favorable à un apprentissage sérieux ; l’autorité se rattache à la conduite et à l’attitude de l’enseignant qu’a ses connaissances ; elle encourage l’ambition des apprenants à vouloir devenir l’image de leur enseignant. L’autorité implique également une certaine distance formelle entre l’enseignant et l’apprenant, mais ne doit pas être confondu avec la popularité.

    L’enseignant doit faire preuve d’ETHIQUE professionnelle. L’éthique peut se définir comme ‘’l’ensemble des principes de bonnes conduite ou l’ensemble des systèmes de valeurs’’. Comment l’enseignant peut y parvenir ? Il s’agira pour lui de faire passer la satisfaction des besoins et du bien des apprenants avant toute autre considération. Pour cela, il doit s’abstenir de porter le moindre préjudice aux apprenants. A travers le contrat moral qui lie l’enseignant et l’apprenant, l’enseignant doit privilégier exclusivement l’équilibre. Il se doit d’incarner les principes auxquels il est attaché et taché d’inculquer les valeurs telles la vérité, l’honnêteté, la justice, le sens du bien aux apprenants. Cela passe aussi par le respect des mentalités, des coutumes et des croyances de ces derniers.

    Ensuite, l’ORDRE est important. L’ordre est le principal facteur permettant de garder une bonne relation et un bon climat entre l’enseignant et l’apprenant. L’enseignant doit cependant être un « meneur d’hommes », toujours savoir où aller, expliquer le où et le pourquoi. Savoir où aller implique d’être visionnaire, et pour ce faire, il doit se fixer des objectifs à court, moyen et long terme. L’ordre crée le calme, la discipline et convainc les apprenants de cette nécessité. L’ordre exige parfois l’imposition de certaines exigences afin de donner le bon exemple. C’est ainsi que le dicton latin dit « Paratus laborare, paratus scribere » ce qui signifie « Être prêt à travailler, être prêt à écrire ».

    L’IMAGINATION est aussi d’une importance capitale. Elle ne s’enseigne pas, mais elle est une capacité propre à l’enseignant lui permettant de se mettre à la place des apprenants, afin de prendre connaissance de leurs aspirations et désirs. Cette imagination commence par la conviction que le savoir est transmissible. C’est à ce moment qu’il est possible d’envisager des moyens susceptibles de stimuler l’apprentissage. L’imagination peut amener à envisager l’avenir des apprenants, ainsi que d’anticiper leurs besoins et réactions. Elle permet également à l’enseignant de faire preuve d’une créativité efficace, et de susciter des surprises et de l’intérêt. Enseigner est toujours un acte de foi et l’« imagination dans l’enseignement est une affaire de potentiel davantage que de réalisation».

    Pour enseigner, il faut également de la COMPASSION. Elle ne signifie pas ici une simple affection, mais également une réaction émotionnelle a l’ignorance des jeunes apprenants. C’est ce sentiment qui empêche l’enseignant de se montrer condescendant ou méprisant quand les efforts des apprenants semblent ineptes ou maladroit. Pour se faire, il doit bien connaitre sa cible, c’est-à-dire les apprenants. Cela lui permettra de maintenir élever les exigences. Pour compatir, il doit également doser soigneusement la carotte et le bâton, c’est-à-dire corriger les apprenants en s’arrangeant toujours à préserver leur dignité et leur amour-propre. Il doit s’interdire tout favoritisme tout en montrant une mesure parfaite des difficultés rencontrées par ces derniers. En présentant aux apprenants le travail comme un défi à relever, il doit refuser le dédoublement de sa personnalité, et toujours transmettre le savoir avec toute sa personnalité. Il ne doit cependant pas confondre compassion et charité, « être dur, mais juste », telle est la marque de la réussite éclatante de l’enseignant.

    La PATIENCE est aussi de mise. La patience est l’acceptation des limites des apprenants. Pour cela, l’enseignant doit tenir en compte les faiblesses de la jeunesse et donner aux apprenants le temps d’apprentissage nécessaire. L’enseignant doit veiller à ce que ces derniers acquièrent et développe leur maturité sans l’anticipé pour autant, c’est-à-dire éviter de leur demander d’avoir des qualités que leurs ainés peinent à maitriser. Le poète Horace dans les Odes disait que « la patience aide à supporter ce que l’on ne peut corriger ». Il ajoute cependant qu’il est aussi plaisant de rire un peu quand les circonstances s’y prêtent. La patience peut s’enseigner à travers l’exemple, comme le fait de ne pas se culpabiliser face aux échecs des apprenants ; comme le dit si bien un adage « la patience c’est le triomphe de la foi et de l’espérance sur le désespoir ».

    Le CARACTÈRE est aussi une caractéristique essentielle. Il concerne ici la personnalité même de l’enseignant. Certains incarnent ou copient la personnalité de leurs enseignants d’autrefois, ce qui fait d’eux des Êtres sans personnalité propre. La règle première c’est d’être soi-même, accepter son trait de caractère et en faire un atout au profit des apprenants. Afin de maitriser ses émotions, l’enseignant doit cultiver une certaine dose de stoïcisme, reconnaitre qu’il peut avoir des faiblesses et commettre des erreurs. L’enseignant doit également se montrer sociable, ne pas se sur impliquer ni se montrer indifférent face aux préoccupations sociale des apprenants. Il doit évoluer en fonction de son âge, concilier sa personnalité tout court à celle de l’enseignant qu’il est ; conciliation qui est susceptible de marquer davantage les apprenants.

    Et enfin, l’enseignement procure du PLAISIR. Dérivé du latin « placere », il signifie un sentiment, une sensation agréable et un divertissement pour ce que l’on fait. L’enseignement doit être un jeu intellectuel auquel le concours des apprenants est demandé. Ce plaisir doit toujours converser vers le sens de l’accroissement des capacités intellectuelles et des ambitions. Révéler les plaisirs et les joies que leur procure leurs connaissances et l’exercice de leur métier galvanise les apprenants sur le goût de l’enseignement certes, mais ils doivent également reconnaitre les difficultés de ce corps de métier. L’enseignant peut vivre ce plaisir à travers la réussite de ses anciens apprenants dans la vie professionnelle. Dans sa forme ultime, le plaisir de l’enseignant découle du fait de savoir que leurs apprenants ont appris quelque chose d’eux puisque « le plaisir apparait comme la seule composante illégitime du métier de l’enseignant ».


    Savoir, Autorité, Éthique, Ordre, Imagination, Compassion, Patience,  Caractère et Plaisir ; tels sont les neuf (09) principes directifs dans l’art d’enseigné. Cet ouvrage est incontournable dans la mesure ou chaque rubrique de ce livre étaye à travers des exemples précis les « bons et mauvais enseignants » et ce qu’est réellement le métier de l’enseignement. Pour ma part, le point positif à la fin de ma lecture est que j’ai reconnu certaines de ces qualités citées de la part de mes anciens professeurs dont je salue au passage la bravoure, tout en les remerciant d’avoir forger l’Être que je suis aujourd’hui. Je ne saurais passer sous silence le travail que tous les acteurs de l’éducation (parents jusqu’aux enseignants) abattent au quotidien, parfois au gré des péripéties pour une jeunesse et un monde meilleur. Mon souhait est que ces derniers continuent de toujours garder le flambeau haut afin de repousser très loin les limites de l'ignorance pour enfin bâtir une nation plus juste et plus prospère ou le bon vivre sera une vertu cardinale.

A lire absolument