« Bien avant les religions dites révélées que sont le christianisme et l’islam, l’humanité a connu et pratiqué des religions (…) Au nombre des pratiques religieuses ignorées ou méconnues, se trouvent les croyances religieuses préhistoriques, les anciennes religions notamment celles de l’Antiquité, les religions d’Afrique noire, etc. Ces religions sans doute moins élaborées et non diffusées ou insuffisamment diffusées, n’ont pas revêtues le caractère des religions universelles. Elles sont restées propres à un temps, à un espace ou à un peuple »
Jean-Célestin KY, Cours sur « croyances et systèmes religieux traditionnels en Afrique », Université Joseph KI-ZERBO, p. 5
A travers cette affirmation du Professeur titulaire en Histoire de l’art de l’Université Joseph KI-ZERBO, nous arrivons à la conclusion selon laquelle la religion est une pratique qui date de la préhistoire. C’est à partir de cette période que les Hommes ont pris conscience de l’existence de forces surnaturelles, invisibles ou visibles, plus puissantes qu’eux. Ils rechercheront donc les moyens de cohabitation profitables avec elles.
Les religions traditionnelles africaines qui comprennent un ensemble de cultes, sont les formes anciennes de croyances religieuses de l’homme depuis les périodes les plus reculées de son histoire. Ces religions placent avant tout un Dieu des origines. Dans leur environnement immédiat, les Hommes détectent l’existence de génies, d’esprits qui ne leur sont pas toujours favorables. Dieu, dans son essence étant jugé inconnaissable, sans mode d’incarnation matérielle, conduira les Hommes à la constitution d’un panthéon (ensembles) de divinités ayant attrait à l’environnement (l’eau, le vent, la végétation, les arbres, etc.) qui détermineront les autels et actes religieux africains. Ainsi l’acte sacrificiel est le moyen de communication le plus courant pour s’accorder les faveurs ou réparer une faute commise auprès de l’Etre transcendant. Les victimes habituelles selon la prédilection des devins sont entre autres, les bœufs, les moutons, les chèvres, les poules, etc. Ne retrouve-t-on pas des formes communes au sein des religions dites révélées à travers l’immolation du bélier lors de la fête de Tabaski ou encore le corps et le sang du christ qui se partage pendant les cultes du dimanche au sein de l’Eglise romaine ? L’ensemble de ces rites et cultes visent à cet effet un seul et même objectif, s’accorder les grâces de l’Etre transcendant, autrement dit Dieu.
Nous en arrivons à la conclusion que les religions dites révélées ont beaucoup emprunté aux religions traditionnelles africaines préhistoriques du fait de leur antériorité. La seule différence repose dans le fait que celles-ci sont mieux élaborées, ordonnées et sont universelles car elles se sont diffusées à la surface de la Terre. Doit-on continuer à étiqueter les religions traditionnelles africaines de diaboliques au point de les combattre ?
Cet article est une opinion personnelle inspirée de mes lectures et aussi de ma formation universitaire que j’ai tenu à partager avec vous. Mes propos pourraient directement ou indirectement heurter la sensibilité de la communauté des fervents croyants. Je vous demande à vous cher (es) lecteurs (rices) de prendre avec esprit critique ces écrits et de contribuer à animer le débat religieux sans fanatisme aucun.

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